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Les sœurs Van Buren : 9 000 kilomètres en Indian pour narguer l'armée et les corsets

Descendre en ligne directe du huitième président des États-Unis Martin Van Buren vous ouvre normalement les portes des salons feutrés de Manhattan, pas celles des ornières de l'Iowa. À l'été 1916, Augusta et Adeline Van Buren décident pourtant de plaquer les convenances de la bonne société new-yorkaise pour mener une fronde mécanique d'une rare audace. Alors que Washington prépare son entrée dans le premier conflit mondial, l'état-major refuse obstinément d'intégrer des femmes parmi les estafettes motocyclistes chargées de transmettre les plis sur le front. Pour prouver l'absurdité de ce veto militaire, les deux sœurs choisissent la manière forte : traverser le continent d'est en ouest sur les deux-roues les plus brutaux de leur temps. Mille centimètres cubes entre les jambes et les shérifs aux trousses Leur départ de Brooklyn le 4 juillet 1916 ne doit rien à une promenade de santé. Gussie et Addie n'ont pas sélectionné de gentils vélomoteurs urbains, mais deux Indian Powerplus flambant neuves. Des monstres de près de deux cents kilos, propulsés par un bicylindre en V de 1 000 cm³ à soupapes latérales, dotés d'un sélecteur de vitesses manuel fixé le long du réservoir, d'un embrayage au pied gauche et de phares à acétylène qu'il faut allumer à l'allumette. Seule concession à la rudesse du voyage : le fameux cadre Cradle Spring d'Indian et ses ressorts à lames à l'arrière, indispensable pour éviter que le cadre rigide ne vole en éclats sur les pierres. À cette époque, la traver

Acheter une voiture chinoise d'occasion en 2026 : le bon calcul ?

Il suffit de jeter un coup d'œil aux petites annonces pour mesurer le changement d'époque. Privées du bonus écologique depuis plus de deux ans et soumises aux assauts d'une concurrence féroce sur le neuf, les voitures électriques venues de l'Empire du Milieu inondent le marché de l'occasion avec des décotes vertigineuses. Voir une compacte comme la MG4, affichant à peine trente mille kilomètres et deux ans d'existence, s'échanger sous la barre des 16 000 euros a de quoi faire vaciller les certitudes. Pour le tarif d'une citadine à essence fatiguée, l'automobiliste accède à une berline moderne de 170 à 204 chevaux, suréquipée et dotée d'une habitabilité royale. Mais derrière ces étiquettes alléchantes, l'aubaine réclame quelques vérifications limpides pour ne pas virer au casse-tête logistique. Des accumulateurs LFP solides comme du roc Sur le plan purement mécanique, la réputation de fragilité collée aux nouveaux arrivants ne résiste pas à l'épreuve des faits. Dans leurs versions d'accès ou de cœur de gamme, la grande majorité de ces véhicules — à l'image des BYD Atto 3 et Dolphin avec leurs cellules Blade ou des MG4 Standard — utilise une chimie Lithium-Fer-Phosphate (LFP). Cette technologie présente deux vertus majeures pour un acheteur de seconde main : elle tolère sans broncher les recharges quotidiennes à 100 % et encaisse remarquablement le vieillissement thermique. Là où certaines batteries traditionnelles perdent de leur superbe après quelques hivers de charges rapide

Vitesse retenue et marge technique : Pourquoi votre compteur vous protège du radar

Nous avons toutes et tous vécu cette scène agaçante sur l'autoroute ou sur une nationale : un automobiliste aperçoit la silhouette rectangulaire d'un radar tourelle et écrase brutalement sa pédale de frein pour passer dix kilomètres-heure sous la vitesse autorisée, manquant de créer un carambolage avec la file arrière. Cette angoisse réflexe repose sur une méconnaissance totale du fonctionnement des cinémomètres et de nos propres tableaux de bord. Entre la vitesse affichée par votre aiguille, celle mesurée par le faisceau laser et celle qui figure sur l'éventuel procès-verbal, il existe une double barrière protectrice parfaitement encadrée par la loi. L'arrêté de 2009 et la marge d'erreur incompressible Sur la route, l'administration fiscale ne fait aucun cadeau, mais elle doit se plier aux lois de la métrologie légale. Encadrée par l'arrêté ministériel du 4 juin 2009, la fameuse « marge technique » n'est pas une tolérance bienveillante accordée aux étourdis : c'est une déduction obligatoire imposée par l'État pour couvrir l'imprécision physique des capteurs électroniques. Pour l'ensemble des dispositifs immobiles — qu'il s'agisse des cabines traditionnelles, des tourelles perchées sur mât, des radars autonomes de chantier ou des jumelles de la gendarmerie —, le barème est mathématique. Sous la barre des 100 km/h, le système retranche d'office 5 km/h à la vitesse mesurée. Sur une portion limitée à 80 km/h, une voiture enregistrée à 84 km/h voit sa vitesse retenue redescendre

Magalie Debellis : La Française qui sculpte les monstres de Ford Performance

À Dearborn, au milieu des maquettes à l'échelle 1 et des odeurs de pâte à modeler industrielle, les croquis des Ford les plus brutales ne sortent pas de l'esprit d'un vieux briscard du Michigan. Pour donner une ligne à la Mustang GTD de 800 chevaux et au prototype Raptor engagé au Dakar, la direction du style s'en remet aux yeux d'une Française : Magalie Debellis. Nommée directrice du design global de Ford Performance et de la division Racing, cette diplômée de l'école Strate à Sèvres impose une rigueur d'arête et une tension de surface qui tranchent net avec les rondeurs habituelles de Détroit. Quinze ans chez l'ennemi juré avant le grand saut Pour mesurer le poids de Magalie Debellis dans l'industrie américaine, il faut regarder son parcours sans filtre. Avant que Jim Farley, le bouillonnant patron de Ford, ne vienne la débaucher pour muscler sa division sportive, la Française a passé près de quinze ans chez le rival historique : General Motors. Dans les studios ultra-sécurisés du centre technique de Warren, elle s'était déjà taillé une réputation d'orfèvre des volumes. C'est à elle que l'on doit les arêtes tendues et le regard acéré de la Chevrolet Corvette C7, mais aussi la musculature de la sixième génération de Camaro. Plus récemment, elle dirigeait le design avancé de Cadillac, supervisant la spectaculaire Celestiq — ce paquebot électrique de grand luxe façonné sur mesure à plus de 300 000 dollars — et le prototype d'endurance V-Series.R engagé aux 24 Heures du Mans. P

Essai GAC Aion V : Salon roulant, frigo à bord et coffre au régime sec

Pour son débarquement sur les routes françaises, le géant chinois GAC ne cherche pas à faire de la figuration. Avec ses 4,60 mètres de long, ses lignes cubiques et ses barres de toit qui lui donnent une vraie carrure de baroudeur urbain, l'Aion V s'attaque sans trembler au cœur du marché familial. Notre modèle d'essai noir, récupéré au sud de Paris pour une boucle vers la vallée de Chevreuse, affiche une promesse audacieuse : proposer l'habitabilité et les attentions d'un grand salon moderne à partir de 35 990 euros. Reste à savoir si les astuces de vie à bord suffisent à compenser les compromis d'une voiture pensée d'abord pour les passagers arrière. Une vie de palace pour les jambes, mais pas de boîte à gants Dès l'ouverture des grandes portières, la sensation d'espace saute aux yeux. Grâce à un empattement généreux de 2,775 mètres et un immense toit vitré panoramique qui inonde l'habitacle de lumière, l'Aion V chouchoute ses occupants. La banquette arrière est royale : même avec un conducteur reculé, l'espace aux jambes permet de s'étaler sans jamais effleurer les dossiers avant, et trois adultes peuvent s'y installer sans jouer des coudes. Aux places avant, le confort est tout aussi soigné. Avec mon mètre soixante, j'ai trouvé en quelques secondes une position de conduite dominante et naturelle, tandis que mon binôme d'essai d'un mètre quatre-vingt-deux n'a ressenti aucune gêne au niveau de la garde au toit ou de l'assise. L'ergonomie réserve toutefois des choix déroutant

Palazzo Esedra : nuit napolitaine entre marbre des années 30 et Luna Rossa

Prendre son premier café en ouvrant les rideaux sur la silhouette du stade Diego Armando Maradona, cela vous pose une ambiance direct. On est à Fuorigrotta, quartier populaire de Naples, loin des cartes postales trop lisses du front de mer, où la ferveur du ballon rond colle encore au bitume. Mais ce matin-là, ma curiosité ne portait pas de maillot bleu ciel. Elle était juste là, sous mes pieds : le Palazzo Esedra. Alfa Romeo nous avait donné rendez-vous à Naples pour découvrir l’ Edizione Luna Rossa , à l’approche des premières régates dans le golfe, et la marque avait choisi de nous loger ici. Je n’avais pas vue sur les voiliers depuis ma chambre, mais le décor avait déjà quelque chose à raconter avant même d’aller voir la mer. Le rêve impérial gravé dans le travertin Dormir au Palazzo Esedra, c’est faire une drôle de halte dans l’Italie des années 30, à une époque où le régime fasciste rêvait de grandeur et voulait faire de Naples la vitrine de ses ambitions méditerranéennes. La Mostra d’Oltremare, immense complexe d’expositions inauguré en mai 1940, devait en être la démonstration. Le Palazzo degli Uffici, devenu aujourd’hui le Palazzo Esedra, est construit la même année d’après les plans de l’architecte napolitain Marcello Canino. Le bâtiment ne fait pas franchement dans la discrétion : volumes imposants, lignes géométriques et grandes plaques de travertin sur toute la façade. Une architecture pensée pour impressionner avant même que l’on sache ce qui se passe à l’intéri

Voyage dans le temps à la Tabacalera : le Musée de l’Automobile et de la Mode de Málaga

Si votre prochain road-trip vous emmène sous le soleil généreux de l’Andalousie, préparez-vous à une halte qui bouscule tous les stéréotypes. Loin du tumulte des plages de la Costa del Sol et des bars à tapas bondés, le Musée automobile Malaga (officiellement nommé Museo Automovilístico y de la Moda ) propose une parenthèse enchantée où la mécanique d'exception dialogue d'égal à égal avec la haute couture internationale. Ici, l’automobile quitte son statut d'objet fonctionnel pour devenir un véritable chef-d’œuvre sculptural. Embarquement immédiat pour une visite guidée au carrefour du luxe, de la vitesse et de l’élégance intemporelle. 1. La Tabacalera : un écrin industriel chargé d'histoire Avant même de contempler la première calandre chromée, c'est le lieu qui impose le respect. Le musée a pris ses quartiers dans l’ancienne manufacture royale des tabacs de la ville ( La Tabacalera ), un splendide complexe architectural édifié dans les années 1920. Ce sanctuaire industriel offre plus de 6 000 m² d'exposition répartis en 13 salles thématiques. Ce déploiement d’espace permet à cette collection privée hors normes de respirer, classant l’endroit parmi les dix institutions muséales les plus prisées de toute l’Espagne. Les joyaux mécaniques du Musée automobile Malaga La collection rassemble près d’une centaine de véhicules restaurés avec une minutie maniaque. De la fin du XIXe siècle jusqu'aux créations futuristes, chaque décennie dévoile ses icônes : Les pionnières de la Belle É

À Naples avec Alfa Romeo : Tricotage 3D, carbone et confidences

Entre le concert de klaxons du front de mer napolitain et les scooters qui vous rasent les portières à contre-sens, le décor a de quoi surprendre pour dévoiler une série spéciale taillée pour les régates de l'America’s Cup. Mais chez Alfa Romeo, le sens de la scène ne s'embarrasse pas de demi-mesures. Dans un hangar à bateaux baigné de lumière rouge sombre, la marque au trèfle est venue célébrer ses noces avec Luna Rossa, le défi maritime de la maison Prada. Loin d'un simple coup de tampon publicitaire pour meubler l'hiver, le constructeur milanais décline la livrée sur ses quatre silhouettes : Junior, Tonale, Giulia et Stelvio. Avec, en coulisses, un vrai parti pris industriel. Entre ses quatre nouvelles voitures, Eugenio Franzetti, le responsable marketing de la marque, m'a raconté pourquoi sa marque avait choisi ce cap. Du court de tennis aux foils en carbone Quand on lui demande pourquoi aller chercher un monocoque à foils plutôt qu'un énième parrainage sur circuit, Franzetti balaie l'objection d'un revers de main : « Nous avons épluché les centres d'intérêt réels de nos clients. Trois univers sortent systématiquement du lot : le tennis, la compétition automobile et la voile. Dans les deux premiers, nous avons déjà donné. Si nous devions mettre un pied sur l'eau, il fallait le faire au sommet, là où la technologie flirte avec l'aérospatiale. En Italie, au-dessus de Luna Rossa, il n'y a rien. C'est l'équivalent de la Scuderia sur l'eau. » Sur la carrosserie, le résultat se

Pourquoi votre carte grise française est presque un cadeau fiscal

Cent cinquante mille euros. C’est le chèque qu'il faut signer aujourd'hui pour faire sortir une banale Toyota Corolla ou une Volkswagen Golf du showroom à Singapour . Pas une version de course allégée en carbone, pas un exemplaire blindé : une berline compacte ordinaire avec un quatre cylindres hybridé, des jantes en tôle et des sièges en tissu. En France, voir s'afficher cinq cents euros de taxe régionale sur le certificat d'immatriculation ou découvrir un malus écologique de quelques milliers d'euros donne des sueurs froides à n'importe quel acheteur. Mais sur l'île asiatique, la carte grise ne sert pas à financer l'entretien des routes : elle sert à vous dégoûter d'avoir envie de conduire. L'enchère à cent mille euros avant le premier tour de roue Sur ce confetti urbain de 730 kilomètres carrés coincé au bout de la péninsule malaise, le problème des autorités n'est pas le réchauffement climatique : c'est l'asphyxie. Impossible d'élargir les rues sans grignoter sur la mer ou raser des gratte-ciels. Pour éviter que six millions d'habitants ne se retrouvent bloqués dans un embouteillage permanent, l'État plafonne strictement le nombre total de véhicules autorisés à circuler. Zéro croissance du parc, à l'unité près. Pour acheter une voiture, il faut donc attendre qu'une autre parte à la casse et racheter son droit de vivre. C'est le principe du Certificate of Entitlement (COE). Deux fois par mois, le gouvernement met aux enchères des quotas de certificats sur une application o

XPeng à Munich : Gyozas, robot androïde et coup de pression sur l'automobile allemande

Planter un buffet de gyozas et déboucher du prosecco à quelques kilomètres des tours vitrées de BMW et des états-majors d'Audi, à Munich, relevait déjà d'une belle insolence. Mais débarquer en Bavière avec un androïde de 70 kilos qui vous tend la main et un pick-up géant à trois essieux conçu pour larguer un hélicoptère biplace depuis sa benne arrière, c’est de la provocation pure et simple. Pendant que les constructeurs européens enchaînent les réunions de crise pour savoir comment rentabiliser des citadines à batterie, He Xiaopeng avance avec le sourire carnassier des patrons de la tech qui n'ont peur de personne. On lui colle volontiers l'étiquette paresseuse d'« Elon Musk chinois ». L'homme est pourtant d'une autre trempe : un informaticien pragmatique qui a fait fortune dans les logiciels mobiles avant de miser l'intégralité de ses deniers personnels sur l'acier et les batteries. Le codeur devenu bâtisseur Fils d'un modeste instituteur du Hubei, He Xiaopeng n'a pas grandi dans les couloirs feutrés des conglomérats d'État. En 2014, il encaisse le jackpot en revendant son navigateur pour smartphones UCWeb au géant Alibaba. Le deal dépasse les quatre milliards de dollars. À 37 ans, le bonhomme a largement de quoi s'offrir une retraite dorée sur un yacht à Hong Kong. C'est le moment précis où Tesla décide de rendre ses brevets publics. Piqué au vif, Xiaopeng décide de tout réinvestir dans la création de sa propre marque automobile, s'associant à des ingénieurs transfuges de

Oubliez le musée officiel : j'ai poussé la porte des réserves secrètes de Porsche

Oubliez les 5 600 mètres carrés de verre immaculé, les éclairages flatteurs et les touristes du musée officiel de Zuffenhausen. Le véritable cœur battant de la marque ne s'offre pas aux regards du grand public : il dort à quelques minutes des chaînes d'assemblage, planqué derrière la façade aveugle d'un immense hangar blanc qui ressemble à s'y méprendre à un entrepôt de surgelés. Franchir cette porte de service anonyme avec un badge d'accès, c'est recevoir une gifle mécanique monumentale. Dans ce labyrinthe gardé sous haute surveillance dorment plus de quatre cents véhicules entassés pare-chocs contre pare-chocs. On y trouve des gloires des 24 Heures du Mans encore maculées de gommes usées, des projets de crise abandonnés au fond d'un tiroir et des laboratoires roulants tellement iconoclastes que l'état-major a préféré les enfermer à double tour. La 993 Speedster sacrifiée pour sauver les meubles Dès les premières enfilades de béton, une silhouette basse arrête net mon regard : une 911 Speedster type 993 peinte d'une teinte discrète. Avec son pare-brise raboté au ras des yeux et son double bossage sculpté sur le capot arrière, cette merveille aurait dû représenter l'apogée des flat-six refroidis par air. Elle est pourtant devenue le symbole d'une époque où l'entreprise a failli disparaître. Au début des années quatre-vingt-dix, les finances virent au rouge cramoisi et la production s'effondre à 12 500 unités par an. Pas question de gaspiller le moindre mark dans un modèle de

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